Les aveux impossibles
Les néons blancs du service de réanimation donnaient au couloir un aspect irréel, une lumière qui ne ressemblait à aucune lumière naturelle — ni au jour ni à la nuit, une lumière de nulle part qui rendait les visages livides et les ombres inexistantes. L'odeur était celle de tous les hôpitaux du monde : désinfectant, plastique chauffé par les appareils, et quelque chose d'autre en dessous, quelque chose qu'on apprenait à ne pas nommer.
Paula était réveillée. Ses yeux fixaient le plafond de la chambre avec une intensité qui n'avait rien de vide — c'était au contraire le regard de quelqu'un qui pense très vite dans un corps qui ne peut presque plus bouger. Des bandages recouvraient ses bras, son torse et une partie de son visage. Des tubes et des fils partaient dans toutes les directions. Le moniteur cardiaque émettait un bip régulier, métronome rassurant et inquiétant à la fois.
Cette réaction troubla profondément Basquez. Elle n'avait pas nié. Elle n'avait pas acquiescé. Elle s'était simplement retirée, comme quelqu'un qui pèse les conséquences de ce qu'il est sur le point de dire et qui décide que le prix est trop élevé.
Basquez, choqué par cette révélation, se figea. Puis, lentement, la pièce manquante du puzzle s'enclencha. Il sortit dans le couloir, s'appuya contre le mur et ferma les yeux trente secondes.
Ce n'était pas Mathias qui avait blessé Paula.
C'était Paula qui s'était blessée elle-même.
La porte fermée à double tour.
La traînée de sang vers la bibliothèque et non vers la sortie.
Les manuels de médecine annotés.
Le bras gauche intact.
Le couteau dans le jardin avec les empreintes de Mathias.
Tout s'assembla dans son esprit avec la netteté brutale d'une évidence qu'on n'avait pas voulu voir.
Il composa immédiatement le numéro du procureur Fox.