Fox contre Basquez
Le bureau du procureur était l'opposé exact du salon. Là où le salon était une accumulation de décennies et de styles contradictoires, le bureau était monochrome, précis, militaire. Des murs lambrissés sombres. Une bibliothèque juridique classée par ordre alphabétique, avec des onglets de couleur à chaque section. Un bureau en acajou massif sur lequel rien ne traînait sauf un sous-main en cuir vert et un stylo posé exactement au centre. Les diplômes et citations encadrés au mur avec une régularité qu'on ne trouvait pas au hasard — chaque cadre à la même hauteur, les mêmes intervalles, comme si quelqu'un avait utilisé un niveau. Un homme qui contrôle son environnement pour ne pas avoir à contrôler les autres. Ou qui contrôle les deux simultanément.
Fox referma violemment la porte derrière Basquez — le seul moment depuis le début de la nuit où le procureur avait laissé échapper quelque chose de non calculé.
Basquez soutint son regard sans répondre. C'était vrai — juridiquement, Fox n'avait pas tort. Et c'est précisément pour ça que ce n'était pas ainsi que ça devait se terminer.
Dans son esprit, les pièces du puzzle commençaient lentement à s'assembler. Pas toutes. Pas encore. Mais assez pour qu'il commence à voir la forme de l'image finale.
Il quitta le bureau sans un mot de plus et s'arrêta dans le couloir, seul, face au mur. Il sortit son carnet et nota trois mots :
Bibliothèque. Parquet. Gauche.
Puis il appela l'hôpital.