Chapitre VIII

L'arme

Dans le jardin de la propriété des Fox, les policiers fouillaient les massifs à la lampe torche, avançant méthodiquement en ligne, les bottes dans la boue, les faisceaux de lumière balayant les herbes hautes avec une régularité presque hypnotique. L'aube commençait à poindre à l'est, une lueur grise et sans promesse qui rendait les torches moins nécessaires mais pas encore inutiles. Quelques corbeaux s'étaient installés dans les cyprès et observaient l'opération avec l'impassibilité caractéristique des corbeaux.

Louis
« Inspecteur, c'est derrière ce buisson qu'on l'a retrouvé. »

Un couteau couvert de terre était déposé dans un sachet transparent. Une lame fine, de quinze centimètres environ, du type des couteaux de cuisine à éplucher les légumes. Le manche était en bois sombre avec des initiales gravées — P.D. — et on distinguait sur ce manche des traces que l'humidité de la nuit avait partiellement brouillées mais pas effacées.

Basquez
« Envoyez-le au labo. Je vais prévenir le procureur Fox. »
· · ·
Basquez
« Monsieur le procureur, on a retrouvé l'arme du crime. Le sang correspond au groupe sanguin de Paula. »
Fox
« Bon boulot, Basquez. »
Basquez marqua une pause calculée avant de continuer.
Basquez
« On a aussi identifié les empreintes de Mathias sur le manche. »
Le visage du procureur se figea. Pas seulement la surprise — la surprise d'un père, oui, mais aussi autre chose. Quelque chose de calculateur qui s'activait derrière les yeux gris.
Fox
« Vous n'êtes pas sérieux. Vous suspectez mon fils ? Je sais que c'est un bon à rien mais il serait incapable d'un tel geste, je vous le garantis. »
Basquez
« Comment expliquez-vous les empreintes, alors ? »
Fox
« C'est évident, non ? Le meurtrier a calculé son coup. Il veut faire accuser Mathias. »
Basquez
« Je vais devoir l'interroger, Monsieur le procureur. »
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